L’HOSTILITÉ OPINIÂTRE DE PHILIPPE PEMEZEC À L’ÉGARD D’UN ROBINSONNAIS

Posté par Jérôme le Mercredi 25 mai 2011 · 32 Commentaires

Le maire du Plessis-Robinson, depuis plusieurs années, semble voir en l’un de ses concitoyens robinsonnais un ennemi politique à abattre, et semble s’acharner à l’encontre de cette personne. À deux reprises, M. Pemezec a révélé publiquement l’homosexualité de cet homme. Dernièrement, le maire et son équipe sont allés jusqu’à flirter avec des actes délictueux de discrimination.

Discours de Philippe Pemezec

[L'article est assez long]

Qui est Hervé Portelli ?

Hervé Portelli* habite au Plessis-Robinson, dans le quartier de Robinson, près du parc Henri Sellier et de l’ancien restaurant Panoramic-Ermitage. Dans la vie, il est ingénieur. En couple avec un homme depuis plus de vingt ans, il a milité pour le PACS et milite aujourd’hui pour le droit au mariage homosexuel en France. C’est un citoyen impliqué dans la vie associative et il est président du conseil syndical de la résidence où il habite. Ces dernières années, M. Portelli a croisé plusieurs fois le chemin du maire du Plessis, M. Pemezec, et ces rencontres n’ont pas été des plus cordiales. Voici notre récit.

Croisement de trajectoire n°1 : M. Portelli milite en faveur du mariage homosexuel

Mariage gay à BèglesEn couple avec son compagnon, M. Portelli souhaite l’épouser mais la loi française ne le lui permet pas. C’est pourquoi il milite pour que le mariage entre hommes soit légalisé dans notre pays. À l’époque où M. Noël Mamère mariait un couple homosexuel dans sa ville de Bègles, en 2004 (le mariage a été définitivement annulé en 2007), Hervé Portelli a donc tout simplement demandé officiellement à la mairie du Plessis de le marier. Ainsi, il a reçu un refus tout aussi officiel de la part de M. Pemezec, et ce refus officiel de mariage homosexuel devenait un outil dans sa campagne pour l’évolution du statut du mariage en France. Cela permettait par exemple de présenter symboliquement ce refus à la cour européenne des droits de l’homme, ou de mener d’autres actions similaires.

Le refus du maire du Plessis-Robinson de marier un homme avec un autre a donc été utilisé dans le milieu associatif militant. Ce refus de M. Pemezec est parfaitement logique, a plus forte raison de la part d’un ex-député signataire d’une pétition contre le mariage gay (lien). Le maire dira fort justement : « La loi me l’interdit et ce n’est pas forcément ma vision des choses. » Philippe Pemezec ne saurait donc être blâmé pour ce refus.

Cependant, M. Pemezec n’a pas du tout apprécié de voir son courrier officiel de la mairie du Plessis être ainsi instrumentalisé. Via un message sur son téléphone, ainsi qu’en aparté lors d’une réunion publique, M. Pemezec aurait insulté M. Portelli, avec des mots comme « petit con. » Ces insultes ne sont pas dignes de la part d’un élu de la république, et ce n’est que la première fois que les chemins des deux hommes se croisent.

Croisement de trajectoire n°2 : le local de campagne de M. Pemezec

En 2007, Philippe Pemezec mène sa campagne pour les élections législatives afin de renouveler son mandat de député. Il vient de faire construire le nouveau marché du Plessis-Robinson. M. Portelli, qui se rend au marché comme pourrait le faire n’importe quel robinsonnais, voit que l’UMP a installé son local de campagne sur le parvis du marché. Peut-être parce que M. Pemezec s’est mal conduit avec lui auparavant, et peut-être aussi parce qu’il a des convictions de gauche, M. Portelli remarque que l’UMP tire peut-être avantage de l’emplacement de ce local. M. Portelli nous dira avoir eu « une intuition. »

Marché du Plessis

Hervé Portelli décide alors de consulter le cadastre, afin de s’assurer que le terrain sur lequel est installé cette permanence n’est pas public. Après quelques coups de téléphone auprès de la mairie, une femme lui répond que le dépôt du permis de construire a été « oublié. » Le local de campagne politique de l’UMP a donc été installé sans permis de construire sur un terrain public appartenant à la ville. M. Portelli nous dit avoir été « choqué » par cet « acte délictuel. » Comme tout citoyen peut légitimement le faire, Hervé Portelli se rend au commissariat et dépose une main courante, en signalant un bâtiment illégal. M. Portelli nous expliquera son raisonnement : les particuliers, lorsqu’ils font des travaux et par exemple agrandissent leur maison, ont parfois les pires difficultés à le faire dans le cadre strict de la légalité du permis de construire. Pourquoi un parti politique pourrait-il s’affranchir des mêmes contraintes, s’affranchir de tout permis de construire ? Comment réagirait-on si un particulier installait une tente sur le parvis du marché ? M. Portelli dit donc avoir signalé un comportement injuste et incivique : sur ce point nous lui donnons entière raison. M. Portelli nous dit également avoir visé l’UMP plutôt que la personne de M. Pemezec.

Le PS local a par la suite contacté M. Portelli et s’est naturellement montré intéressé par les résultats de M. Portelli. Les socialistes récupèrent le dossier et le portent jusqu’au conseil constitutionnel. Ces faits, ainsi qu’un livre « à la gloire du maire » publié en période électorale et exclu des comptes de campagne, justifieront l’invalidation de la réélection de M. Pemezec à l’assemblée nationale. Depuis, M. Pemezec, dont on peut imaginer la frustration, n’a toujours pas retrouvé un poste de député et doit se contenter d’un siège au conseil général que son premier adjoint Jacques Perrin lui a fidèlement et loyalement abandonné.

Il semblerait que depuis l’invalidation de sa députation, M. Pemezec ressente une aigreur directement dirigée contre la personne de M. Portelli, alors qu’il devrait en toute logique en vouloir davantage aux lois qu’il a enfreintes et s’en vouloir à lui-même pour le manque de rigueur dont il a fait preuve et qui a entaché d’irrégularité cette élection.

Croisement de trajectoire n°3 : les feux d’artifice de la fête des guinguettes

Fête des guinguettes 2010

Comme nous l’avons précisé plus haut, M. Portelli est le président du conseil syndical de sa résidence. Or, la résidence en question étant située à proximité du Parc Henri Sellier, les habitants subissent une nuisance toute particulière lors du feu d’artifice de la fête des guinguettes : la retombée de fragments de fusées incandescents. La crainte la plus oppressante est celle du déclenchement d’un incendie. Comme il relève du devoir d’un président de syndic’, Hervé Portelli adresse des courriers à la mairie. Mais lorsqu’un jour il se rend en personne à la mairie, M. Portelli est sorti manu militari. Pourtant, il venait en temps que représentant d’un conseil syndical de copropriété, ce qui n’a rien à voir avec les évènements précédents.

Alors que le conseil syndical de la résidence envisage un recours en justice au sujet des feux d’artifice, ce qui est légal et surtout normal, à la veille d’une assemblée générale, les résidents reçoivent un courrier officiel de la part du maire M. Pemezec, daté du 16 février 2010, dont le contenu nous apparaît stupéfiant. Voici des extraits qui montrent la lettre en quasi-intégralité :

Madame, Monsieur,
Votre conseil syndical a fixé une prochaine assemblée générale jeudi 18 février prochain (…)
Je crois savoir que dans l’ordre du jour figure l’autorisation de solliciter un avocat pour attaquer la mairie sur les désagréments que provoquerait le tir de feux d’artifices dans le parc Henri Sellier, à l’occasion de la Fête des Guinguettes.
Je n’ai nullement l’intention de m’immiscer dans la vie interne de votre association. Toutefois, ce point suscite de ma part quelques remarques sur le fond, comme sur la forme, que je juge utile de vous communiquer.

  1. Sur le fond :
    Je vous rappelle que nous avions déjà été saisis de ce problème par Maître Évelyne Elbaz (…). Le 9 février 2009, je lui répondais que l’organisatrice de la Fête des Guinguettes était l’association « Plessis Arts et Loisirs » de laquelle il appartenait à la copropriété de se rapprocher. (…)
  2. Sur la forme :
    De manière générale, je trouve que la concertation vaut mieux, en terme d’efficacité et d’échange, que la préférence donnée à la procédure.
    Or, il semble que l’un d’entre vous ne soit pas tout à fait dans les mêmes dispositions et incite ses voisins à s’inscrire dans une démarche velléitaire à l’égard de la ville.
    Au-delà de déplorer un tel constat, je m’interroge sur les raisons de cette agressivité : 

    • Existe-t-il un lien de cause à effet entre cela et une rancune de cinq ans causée par un refus de célébrer un mariage contraire à la loi, comme a pu le faire le maire de Bègles, Noël Mamère ?
    • Existe-t-il un lien de cause à effet entre cela et des intentions d’ordres plus strictement politique qui ont déjà abouti à perturber gravement le jeu politique local après les élections législatives de 2007, et à s’opposer, par des arguties spécieux, au verdict on ne peut plus clair des urnes ?

Telles sont les questions que me conduit à me poser votre point précis de l’ordre du jour.
Ceci étant dit, je suis tout à fait prêt à rencontrer (…) la copropriété (…).
La concertation et le dialogue ont toujours été pour moi, le meilleur rempart contre l’incompréhension, voire, au-delà, contre toute forme de manipulation…
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Philippe Pemezec.

M. Pemezec dit « n’avoir nullement l’intention de s’immiscer dans la vie de l’association », mais c’est pourtant bien ce qu’il fait.

Si ce courrier ne cite pas nommément M. Portelli, évoquant seulement « l’un d’entre vous », il s’agit évidemment de lui et les résidents pouvaient sinon le savoir, au moins s’en douter, d’autant que le maire donne un indice en évoquant celui qui « incite ses voisins à s’inscrire dans une démarche velléitaire ». Étant le président du conseil syndical, il s’agit bien d’Hervé Portelli. Le courrier évoque indirectement son orientation sexuelle, à travers le mariage gay de Bègles bien connu qui avait défrayé la chronique en 2004. Pour revenir au contenu de la lettre, le conseil syndical serait donc « manipulé » par un homo « agressif » et « velléitaire » qui en voudrait au maire.

La chose est donc très claire, même si le courrier contient une part de mystère probablement volontaire. Monsieur le maire Philippe Pemezec a révélé aux résidents de la copropriété, donc à ses voisins et voisines, que M. Portelli était homosexuel. Un maire qui révèle publiquement l’orientation sexuelle de l’un de ses concitoyens ? Voilà qui est très grave de la part d’un élu de la république, dont on est au contraire en droit d’attendre la meilleure exemplarité.

Pour bien cerner la gravité de cela, il convient de préciser que M. Portelli ne fait savoir son homosexualité que dans un cercle intime, familial ou amical. Les mots du maire n’étaient donc pas anodins. Précisons également que si M. Portelli a officiellement demandé à la mairie de le marier avec son compagnon, cela reste aussi du domaine privé : en effet, un mariage n’est public qu’à partir de la publication des bans, qui n’a évidemment pas eu lieu dans le cas de M. Portelli, le mariage ayant été refusé dès le départ. Ces précisions confirment que M. Pemezec a bien rendu public un fait privé.

Croisement de trajectoire n°4 : l’avenir du restaurant Panoramic

Les bâtiments vus depuis la rue

L’on sait que la mairie du Plessis a racheté au conseil général le Panoramic-Ermitage, et qu’il a l’intention de remplacer les bâtiments actuels laissés à l’abandon par des résidences de standing. Hervé Portelli, là encore en tant que riverain, est directement concerné. Soucieux de l’avenir de ce site voisin, il entre dans une association créée pour l’occasion, association de type loi 1901 se décrivant comme « apolitique ».

Début 2011, un autre riverain, M. Rannaud, organise sur ce thème une réunion d’information, chez lui, et invite le voisinage, dont M. Portelli. Au cours de cette rencontre, le maire devait faire une présentation des projets de la mairie. Peu avant la réunion, les participants apprennent qu’elle aura lieu à la mairie, sur demande du maire, parce que des documents de la mairie seront présentés.

Le 1er février, date de la réunion, vers 19h30, les riverains se rendent donc à la mairie. Hervé Portelli, qui ce jour là est le seul représentant désigné de l’association à laquelle il appartient, est parmi eux, son invitation avec lui. Seulement, à l’entrée de la mairie, M. Portelli est interpellé par M. Benoît Blot, troisième adjoint au maire, qui lui dit avec une attitude que M. Portelli qualifie de très agressive :

Vous n’avez rien à faire ici. Vous n’êtes pas invité par la mairie. Vous devez quitter la mairie sur le champ.

Benoît BlotAprès que M. Portelli a présenté son invitation, M. Blot le menace de le faire expulser par la police municipale. De fait, deux agents sont présents. M. Portelli n’assistera pas à la réunion, et son association n’y sera pas représentée. Si le motif n’est pas explicite, il s’agit là de discrimination : les uns ont le droit d’entrer, pas lui. Sur quels critères la sélection se fait-elle ? Philippe Pemezec répondra lui-même à cette question.

En effet, des riverains intéressés au Panoramic-Ermitage, ne faisant pas confiance à leur mémoire pour retenir tous les faits et chiffres, ont enregistré la réunion à laquelle M. Portelli n’a pu assister. Voici ce qu’a dit M. le maire en préambule, pour expliquer l’évincement de M. Portelli :

(…) Je fais pas mal de pots, assez régulièrement, chez des gens lorsqu’ils le souhaitent, et cela me paraissait sympa. Sauf qu’ont voulu s’y inviter trois personnes qui auraient été pour moi beaucoup moins sympas.
[Monsieur Pemezec cite d'abord M. Marquaille, conseiller municipal d'opposition]
Donc Monsieur [Portelli], je m’explique, Monsieur Portelli est celui qui a provoqué ma perte de députation. Pour la raison très simple : il a décidé de me faire la peau parce que j’ai refusé de le marier en tant qu’homosexuel. Il venait prendre l’apéritif chez moi, une ou deux fois, car je ne suis pas fermé vis-à-vis des homosexuels, chacun fait ce qu’il veut, il est venu plusieurs fois je suis même allé plusieurs fois chez lui, et puis…
[courte interruption dans la salle]
De M. Portelli je lui explique qu’il m’en veut, j’étais en train d’expliquer cela, alors qu’il était invité à la maison prendre l’apéritif, et je suis même allé dîner chez lui avec [une dame] qui habite sur le même palier. Et puis un jour, il m’a demandé de le marier. Il m’a dit « je vais faire du Plessis la ville exemplaire de droite, un peu comme Mamère a voulu faire dans sa ville là-bas. » Et je lui ai dit : « excuse-moi, Hervé, je ne peux pas te marier puisque la loi ne m’y autorise pas. » Il me saisit officiellement par courrier d’une demande de le marier, je lui réponds très officiellement que je ne peux pas le marier, que la loi me l’interdit, et ce n’est pas forcément ma vision des choses et à partir de là il a décidé de s’exciter contre moi et c’est lui qui a trouvé cette histoire de permanence, qu’on n’avait pas payé le loyer, c’est vrai, une bêtise, mais qui ne justifiait pas à mon avis mon annulation de l’élection, donc je n’ai pas envie dorénavant de rencontrer ce personnage dans ma ville. Il a assisté au conseil, c’est pareil.
[M. Pemezec cite ensuite la troisième personne "moins sympa", en l'occurrence M. Garcia**, membre de l'UMP et en opposition au maire à l'intérieur de l'UMP]
Donc je n’ai pas envie non plus de rencontrer ces trois sires qui maintenant s’entendent pour essayer de combattre ce que je fais. (…)

Cette fois-ci, le nom de M. Portelli est cité, et toute ambiguïté a disparu. Philippe Pemezec raconte en toute simplicité, à l’assemblée présente, que M. Portelli est homosexuel, ajoutant à cela sa version des raisons pour lesquelles il n’est pas bienvenu à la mairie.

Cette-fois-ci, Hervé Portelli dépose plainte, le 8 février exactement, pour discrimination sexuelle et discrimination politique. La plainte a récemment été classée sans suite.

Conclusion

M. Portelli, à des titres divers, a été confronté quatre fois à M. Philippe Pemezec. Mais le maire du Plessis ne semble pas capable de faire la distinction entre un adversaire politique et un citoyen dont l’attitude moralement irréprochable – normale et légale, et même légitime – lui a valu des conséquences désagréables. Après tout, perdre une députation glanée par des moyens irréguliers est normal, c’est même une bonne nouvelle sur le fonctionnement de notre démocratie, et M. Pemezec devrait n’en vouloir qu’à lui-même. À partir de là, Monsieur Pemezec semble s’être imaginé un ennemi politique, ce que n’est pas M. Portelli – ou plutôt ce que n’était pas initialement M. Portelli, puisqu’il a récemment rejoint le parti socialiste.

Enfin, ciblant délibérément M. Portelli, le maire a adopté des méthodes particulièrement douteuses, révélant publiquement à deux reprises l’orientation sexuelle d’un de ses concitoyens et lui interdisant à deux reprises d’entrer dans « sa » mairie, alors qu’il y venait pour représenter un conseil syndical de copropriété puis une association.

Jérôme.

* Le nom et le prénom ont été modifiés.
**Précision : M. Frédéric Garcia, cité dans cet article, a un rôle très actif dans l’association du Panoramic-Ermitage à laquelle appartient M. Portelli.

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Définition de la discrimination (source Wikipédia) :

Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

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Crédit photo
Image à la une : Philippe Pemezec, lors d’une réunion en 2010, photo issue du blog de M. Pemezec
Marché du Plessis : image WikipédiaFête des guinguettes : un blog
Panoramic-Ermitage : Ronan Robert via Panoramio
Photo de M. Blot : site de la ville du Plessis
Lien vers l’association du Panoramic-Ermitage

 

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