Revue de Presse

Frédéric Garcia, dissident de l’UMP locale au Plessis Robinson

Clamart et Le Plessis paieront pour leurs maires (Le Parisien le 31/03/2012)

Des décisions qui tombent à pic : au conseil municipal du Plessis-Robinson, jeudi soir, comme à Clamart la veille, les maires se sont vu accorder le bénéfice de la protection des élus : prévu par le Code général des collectivités territoriales, ce dispositif permet aux élus locaux poursuivis pour des faits se rattachant à l’exercice de leurs fonctions de voir notamment pris en charge leurs frais de justice.

L’UMP Philippe Pemezec et le socialiste Philippe Kaltenbach, voisins et ennemis jurés, risquent l’un comme l’autre de devoir affronter d’ici peu quelques remous.

A Clamart, une information judiciaire contre X pour corruption a été ouverte le 22 février par le parquet de Nanterre, après la diffusion sur Internet de vidéos laissant planer des soupçons sur le sénateur-maire PS, Philippe Kaltenbach. Filmées à son insu par un ancien adjoint, les images pouvaient laisser penser qu’il monnayait l’attribution de logements sociaux. Ces vidéos faisaient déjà l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre en avril 2011 après un signalement de… son voisin du Plessis-Robinson. Philippe Kaltenbach, qui dénonce une manipulation et entend prouver que les vidéos sont un montage, a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation.

Au Plessis-Robinson, une enquête préliminaire vient d’être ouverte par le parquet de Nanterre après des propos parus dans le livre de la journaliste Claire Checcaglini « Bienvenue au Front, journal d’une infiltrée ». Selon les mots rapportés par l’auteur, Philippe Pemezec, membre de la commission d’attribution des logements sociaux de l’office départemental HLM, expliquerait faire attention à ne loger que « très peu d’Arabes » dans sa ville. La brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) doit vérifier si le maire a bien tenu ces propos, et s’ils correspondent à une réalité. Philippe Pemezec, qui réfute toute discrimination — « c’est techniquement impossible » —, dénonce des « attaques purement politiciennes » à l’approche des élections : il est candidat UMP aux législatives dans la 12e circonscription. Pour lui, ces attaques sont « un écran de fumée » lancé par la gauche pour « masquer ses propres turpitudes », citant nommément son voisin de Clamart.

A la mairie du Plessis-Robinson, où l’on se refuse à commenter la délibération du conseil municipal, on se contente d’indiquer qu’elle « a été prise dans un cadre légal ». La décision a été adoptée lors d’une séance houleuse, où le ton est rapidement monté entre le maire et ses opposants. Ces derniers se disent prêts à contre-attaquer : « Nous envisageons de démarrer une procédure au tribunal administratif pour faire casser cette décision », annonce Frédéric Garcia, dissident de l’UMP locale, tout comme Christophe Leroy.

Pris à partie jeudi soir par le maire, le communiste ne s’est d’ailleurs pas privé de rappeler un précédent : le 13 mai 1999, le tribunal administratif de Marseille avait annulé une délibération du conseil municipal de la ville de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), qui accordait à la maire, Catherine Mégret, la prise en charge de ses frais de justice après les procès qui lui avaient été intentés pour des propos racistes publiés dans un journal allemand, le « Berliner Zeitung ».

A Clamart, on revendique aussi l’entière légalité de la décision. « La commune est tenue de protéger ses élus dans le cadre de leurs fonctions », rappelle le maire PS, Philippe Kaltenbach, qui tient à se démarquer de son voisin du Plessis-Robinson : « Philippe Pemezec, lui, est mis en cause dans ses fonctions de conseiller général, puisque c’est à ce titre qu’il siège à la commission d’attribution de l’office départemental HLM. La protection fonctionnelle, il devrait la demander au conseil général! » fait remarquer l’élu.

Là encore, l’opposition persifle, par la voix de Jean-Didier Berger, conseiller municipal UMP : « Philippe Kaltenbach prétend que les scènes filmées sur les vidéos concernent un prêt entre amis, alors, si c’est une affaire privée, il n’y a aucune raison que les Clamartois paient sa défense! »

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