FRÉDÉRIC GARCIA, OPPOSANT À PHILIPPE PEMEZEC… DANS L’UMP

Posté par Jérôme le Jeudi 9 juin 2011 · 6 Commentaires

Au Plessis-Robinson, l’opposition au maire de la ville existe aussi à l’intérieur même du parti. Frédéric Garcia, robinsonnais depuis quatre ans et adhérent à l’UMP, est désormais l’un des principaux opposants politiques à l’action de Philippe Pemezec.


Qui est Frédéric Garcia ?

Frédéric Garcia, 46 ans, exerce le métier de conseiller en management. En 2007, il a emménagé dans un pavillon au Plessis-Robinson, près de la Vallée-aux-Loups et du Panoramic-Ermitage, dans lequel il élève ses deux enfants en bas âge. Il est adhérent à l’UMP depuis six ans, avec des valeurs plutôt centristes. D’ailleurs, avant d’entrer à l’UMP, il militait pour le centre (démocrates sociaux, UDF). Il se sentait politiquement proche de Michèle Alliot-Marie, jusqu’à sa récente démission. Il participe aux réunions de son groupe de réflexion « Le Chêne. »

Avant de venir au Plessis, Frédéric Garcia a toujours milité dans les villes qu’il a habitées auparavant : Bourg-la-Reine, Paris 10ème, Nîmes ou Montpellier. Il a donc un long passé militant et ne saurait être qualifié de novice. M. Garcia, en arrivant au Plessis, souhaite également participer à la vie politique auprès de la droite locale.

Un engagement citoyen de longue date

Lorsque M. Garcia emménage au Plessis-Robinson, il souhaite donc s’impliquer. Il prend contact avec les militants, par la base. Il nous explique : « Je suis passé par la petite porte, comme j’ai l’habitude de faire. » Il met en ligne un premier site internet inachevé, sans véritable contenu, mais qui montre ses intentions. Dans le texte de la page d’accueil, M. Garcia s’adresse visiblement aux militants de la droite locale ; il écrit :

L’engagement naît par la transmission de valeurs, les miennes sont familiales et fraternelles (…) Le travail et la recherche de l’excellence, l’écoute et le dialogue, l’éducation et la solidarité, sont les valeurs républicaines que je transmets à mes deux jeunes enfants (…) Je m’engage (…) à représenter ces valeurs au sein de votre prochain bureau à animer et organiser nos équipes où chacun trouvera sa place, et à valoriser tous les talents de notre section dans l’objectif de préparer notre projet et choisir nos représentants pour les prochaines échéances électorales. C’est en collaboration avec notre Député, Jean-Pierre SCHOSTECK, et notre Conseiller Général, Philippe PEMEZEC, que nous allons légitimer cette volonté de rassemblement. Notre force réside dans une large représentativité, à travers l’implication de chacun, à tous les niveaux de notre société. (…)

À cette époque, monsieur Garcia est dans un état d’esprit très constructif. Il veut « s’engager » à « animer », « organiser », « préparer » un projet. Pour cela, il souhaite entrer dans une « collaboration » avec Philippe Pemezec. À ce stade, pas la moindre critique, pas de recul. Comme tout militant a vocation à le faire, il souhaite contribuer au succès de sa famille politique et soutient ses « chefs. »

Le basculement

Cependant, les évènements vont bousculer cet état d’esprit et faire de M. Garcia un opposant farouche au maire Philippe Pemezec. Car le fossé est gigantesque entre ce que disait M. Garcia en arrivant au Plessis-Robinson et ce qu’il dit aujourd’hui, dans la nouvelle version de son site internet, qu’il vient de lancer, Aimer le Plessis. En effet, dans son texte de présentation, M. Garcia écrit désormais :

Je suis un habitant du Plessis Robinson depuis 2007. Depuis plus de 30 ans j’ai toujours été invité à participer à la vie des communes successives où j’ai habité, je me suis donc rapproché naturellement vers la municipalité, et là j’ai rencontré une équipe refermée sur elle-même où l’on a pas le droit de penser ou de proposer, mais où l’on vous demande de subir les seules volontés du maire.

Le ton est donné : même s’il est un militant de l’UMP, M. Garcia est très critique à l’égard du maire et de son équipe locale. Le plus cru est à venir :

En fait, personne jusqu’à présent n’avait osé défié le pouvoir en place, aux risques de représailles verbales (c’est un spécialiste). Pour les autres représailles j’ai eu droit à une lettre anonyme menaçant mes enfants (j’ai dû les enlever de la crèche), des pneus crevés, des courriers signés par le maire ou par ses adjoints tous aussi débiles les uns que les autres.

Voilà qui fait froid dans le dos. M. Garcia écrit que plusieurs mauvais traitements que lui et par ricochet sa famille ont subis sont des « représailles » de la part « du pouvoir en place. » Ces affirmations peuvent priver à tout jamais de l’envie de participer au débat public dans sa ville ! Pourtant, Frédéric Garcia est décidé à poursuivre sa démarche.

Nous allons démontrer son incompétence, son goût particulier pour l’immobilier avec une protection rarement aussi apparente pour les promoteurs, et proposer des solutions pour faire changer cette équipe, voire la virer. Pourquoi suis-je remonté ? Détrompez-vous, je ne le suis pas, c’est un geste citoyen que je fais pour mes enfants, ma famille, mes amis et pour tous ceux qui n’ont pas le temps de se rendre compte de ces incompétences.

Comment en est-on arrivé là ? Comment un adhérent de l’UMP qui, emménageant dans un ville tenue par la droite et souhaitant apporter son soutien à la mairie peut, en l’espace de trois ans, devenir l’opposant le plus féroce à M. le maire ? Voilà qui interpelle.

La frustration du débat

Selon M. Garcia, la politique, c’est « réfléchir et concerter avant toute chose. » Il faut « des réunions régulières » afin que « chacun puisse échanger. » Lorsqu’il a commencé à assister aux réunions de l’UMP local, M. Garcia a été déçu ne ne pas pouvoir avancer des idées et propositions plus ou moins décalées par-rapport aux positions de M. Pemezec. Il nous explique : « J’ai rapidement vu qu’il ne fallait pas poser de questions mais surtout écouter les petits chefs comme Frédéric Touadi qui anime les militants. »

Que ce soit sur la rivière artificielle, sur le grand marché, sur l’installation de la vidéo-surveillance, sur l’avenir du Panoramic-Ermitage, M. Garcia aurait souhaité que des débats puissent apporter sereinement une critique constructive, avancer des avis contradictoires, proposer des alternatives. En fait, tout simplement, M. Garcia aurait souhaité qu’il y ait une démocratie interne à l’UMP locale, afin que les décisions soient prises avec transparence à l’intérieur du parti, après un débat contradictoire et à partir d’opinions nuancées. M. Garcia, en militant expérimenté, sait bien que lors d’un vote au conseil municipal, par exemple, la majorité vote en bloc. Mais il sait aussi qu’avant le vote, il est possible et même salutaire de mener des débats à l’intérieur de la majorité. Mais cela, Philippe Pemezec ne sait pas le faire, ou bien le fait très mal.

Dès qu’il sortait de la ligne tracée par le maire et avançait ses propres idées, M. Garcia devenait immédiatement une sorte « d’ennemi de l’intérieur », l’allié des maires de gauche, messieurs Buchet (Fontenay) et Kaltenbach (Clamart). On « oublie » de l’inviter à certaines réunions. Bref, il était marginalisé par les « petits chefs. » La frustration de ne pas pouvoir débattre de tout les sujets municipaux semble expliquer largement le basculement de M. Garcia vers une opposition intransigeante.

Le dossier du Panoramic-Ermitagef

Par exemple, en tant que riverain, M. Garcia s’oppose à la destruction du pavillon Ermitage, qui faisait partie de l’exposition universelle de Paris de 1889, et que la mairie du Plessis souhaite transformer un résidence de standing et restaurant de luxe. M. Garcia pense que le Plessis est suffisamment dense, et que de nouvelles constructions ne sont pas nécessaires, d’autant que les infrastructures de transport ou d’accueil à la petite enfance sont en voie de saturation. De plus, M. Pemezec, avant ses projets immobiliers, adhérait auparavant à un projet beaucoup mieux accepté par les riverains : remise à neuf de l’Ermitage et construction d’un belvédère paysager à la place du Panoramic. Frédéric Garcia n’a pas pu obtenir les éléments qui expliquent le changement d’idée de Philippe Pemezec.

Frédéric Garcia a donc créé et anime encore une association apolitique appelée Comité de quartier Chateaubriand qui veille au devenir du site au panorama exceptionnel. Dans son ancien blog, en février dernier, M. Garcia écrivait à propos de M. le maire :

(…) les habitants ne veulent pas de son nouveau projet, et souhaitent un débat qu’il refuse, en revenant notamment sur le projet initial. C’est un monologue. Alors que durant 6 ans il défendait la protection de ce site, son changement de décision est des plus spectaculaire. On ne comprend pas son refus d’explication, il ne développe pas. Il s’entête avec son nouveau projet. Par contre, il a dit en sa qualité de Maire qu’il me considérait comme un opposant lui voulant du mal, bande sonore à l’appui. Je ne peux pas laisser passer ça et je lui demande de rectifier. Pour lui, ne pas être d’accord avec lui, c’est être contre lui. Bravo pour le débat !

En effet, lors de cette réunion, M. Pemezec avait affirmé : « M. Garcia, c’est quelqu’un soi-disant du même parti que moi, et qui s’amuse à développer un certain nombre d’opérations contre moi. » À propos de quoi M. Garcia écrivait, toujours sur son ancien blog : « Oui, je fais partie du même mouvement que lui, il ne m’a pas encore que je sache suspendu ou exclu de l’UMP, et Non, je ne le combats pas personnellement, jusqu’à aujourd’hui du moins (…) Il ne faut pas qu’il confonde l’expression d’opinions sur l’avenir de ma commune, et les attaques personnelles. On a le droit de dire qu’on est pas d’accord, du moins en démocratie ! »

L’engagement dans la douzième circonscription

En septembre 2010, pendant une réunion UMP, alors que M. Garcia commençait à expliquer au maire ses opinions dans les dossiers du Panoramic-Ermitage et de l’immobilier, Philippe Pemezec se mit en colère. « Il n’a pas voulu accepter d’autres points de vue que les siens », nous dit Frédéric Garcia. Il a alors décidé de se présenter contre Philippe Pemezec au poste de délégué de l’UMP sur la douzième circonscription des Hauts-de-Seine (Plessis, Clamart, Fontenay, Châtillon). Sa candidature contre M. Pemezec a été commentée sur un forum du site de débat Clam-Clam. On peut y lire que selon des internautes, M. Garcia commettait un « crime de lèse-majesté » à l’encontre du « satrape » du Plessis. À cause de cela, « les Blot, Touadi et autres Constant » [proches du maire du Plessis] allaient « planter leurs crocs de pittbull. » Il n’y avait que deux candidats, le maire et lui. M. Garcia a perdu en octobre 2010 avec un peu plus de 10% des voix (il revendique 18%), mais le symbole était fort.

En se portant candidat contre celui qui veut être « le patron UMP de la circonscription » et en obtenant des suffrages au-delà de ses seules connaissances, même avec un score modeste, M. Garcia a fragilisé la légitimité de M. Pemezec. Ayant empoché le poste de délégué UMP de la circonscription, le maire du Plessis est toutefois en bonne posture pour obtenir l’investiture du parti pour les élections législatives de 2012, car depuis qu’il a été privé de sa députation par un robinsonnais, M. Pemezec souhaite ardemment récupérer le siège dont a hérité M. Schosteck, le maire UMP de Châtillon.

L’élection passée, en octobre 2010, M. Garcia écrivait ce mot de remerciement :

Mes chers amis, merci pour m’avoir soutenu durant cette campagne face au responsable de circonscription de la 12ème. Plus de 18% des votes exprimés m’ont fait confiance. 18%, c’est beaucoup (…) en effet je ne connais pas tout le monde car les proches de Philippe Pemezec oublient de m’inviter à toutes les manifestations locales. Pourquoi m’oublient-ils ? Parce que je pose des questions et fais des propositions. (…)

Je suis persuadé que le commune devrait plus investir dans les projets individuels des robinsonnais afin de créer de l’activité commerciale, artisanale, et de services, plutôt qu’investir dans de l’immobilier figé pour des décennies.

Je prends pour exemple la rivière qui a coûté 30 millions d’euros. Nous aurions pu concerter les robinsonnais, et aurions pu par exemple mettre une décoration végétale naturelle et semi-cachée afin d’y intégrer une crèche de 200 places, une piscine de 25 mètres, une salle de sports ouverte pour tous avec un restaurant associatif rattaché (…) Et qu’avons nous aujourd’hui : une belle rivière certes, avec des infiltrations d’eau un peu partout. Le marché : magnifique marché de 15 millions d’euros. 10 fois plus grand que le marché de Montpellier (…) Et j’ai beaucoup d’exemples. Discutez et débattez comme nous martèle notre président Nicolas Sarkozy. Voilà mon intention proposer que les robinsonnais soient plus écoutés, tout comme tous les administrés de notre circonscription. Écouter pour proposer.

Nos conclusions

Manifestement, M. Garcia venait au Plessis avec des intentions constructives. Malheureusement, il s’est heurté aux murs du donjon qu’est la mairie du Plessis. Pour entrer à la cour, il aurait fallu obtenir les faveurs du satrape, mais trop indépendant d’esprit et de parole, M. Garcia a été écarté par la garde princière. D’abord vu comme un trublion, puis comme un adversaire, il est même devenu un ennemi politique. En fait, son sens du débat était en contradiction avec la brutalité des mœurs politiques locales, faites de petits arrangements secrets et d’un sectarisme violent, que M. Garcia dit n’avoir jamais rencontré avant, excepté dans une ville communiste il y a trente ans.

Depuis son éviction, M. Garcia fait preuve d’un courage et d’une détermination exemplaire. Nous voyons bien que même s’il est très actif, M. Garcia est isolé. Visiblement, son site internet a été créé seul ou avec peu de soutien. Par exemple, personne n’a corrigé ses fautes d’orthographe*. C’est un combat difficile.

Des frissons nous parcourent lorsque nous voyons comme il est difficile voire dangereux de s’inscrire dans la vie politique locale, même dans le camp du maire. Mais nous espérons que Frédéric Garcia, et peut-être d’autres, aideront le Plessis-Robinson à se doter, comme la ville le mérite, d’une vie politique plus démocratique et plus sereine.

Comme le dit M. Garcia, « On a le droit de dire qu’on est pas d’accord, du moins en démocratie. »

Bon courage, M. Garcia. Continuez.

Jérôme.

* M. Garcia ayant quelques contrariétés avec l’orthographe, nous avons apporté des corrections orthographiques aux citations que nous faisons de lui.

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